Les sujets graves face à l’art humoristique

Les sujets graves face à l’art humoristique

Introduction

L’ art a toujours joué un rôle de critique de la société, cela souvent sur un ton ironique ou satirique. L’humour rend parfois plus réceptif aux sujets sérieux, car par son côté divertissant, détend, évite l’ennui et touche un public varié, fatigué de  lire ou d’écouter de longs développements sérieux et répétitifs.  L’humour, parfois noir ou maladroit peut cependant choquer certains tandis qu’il en touche d’autres.

 

  1. Présentation générale
  2. A) L’oeuvre

 

L’oeuvre est intitulée “c’est la rentrée,” c’est un dessin, croqué au crayon, par le célèbre dessinateur Emmanuel Chaunu. Elle représente Aylan Kurdi, un petit enfant syrien mort sur une plage, un cartable sur le dos.

 

  1. B) L’artiste

Emmanuel Chaunu est un caricaturiste et dessinateur de presse français. Il s’intéresse beaucoup à l’actualité, et plus particulièrement à la politique. Chaque jour, ses dessins sont publiés dans L’Union et Ouest-France, touchant ainsi plus d’un million de lecteurs. Il était peu connu jusqu’alors.

  1. C) Le contexte

Depuis le début de l’année, plus de 340.000 réfugiés ont rejoint l’Europe depuis l’afrique ou des pays d’Orient: des negociations entre la turquie et l’union européenne sont en cours  Le nombre de migrants augmente de jours en jour, et chaque minute, de centaines de personnes tentent de quitter leur pays pour fuir la dictature. Nous allons vous parler d’Aylan, un jeune garçon de 3 ans ayant essayé, lui et sa famille, de fuir son pays en guerre civile: la Syrie ou plus particulièrement Kobané.

 

Alors que la photo d’Aylan faisait le tour du monde le 3 septembre 2015, le dessinateur Chaunu a décidé de réagir à sa manière en publiant sur facebook, le même jour, un dessin faisant écho à la tragédie. Il a été inspiré d’une photo où l’on peut voir:  un enfant est naufragé, allongé sur le ventre au bord de la mer, sur le rivage de Bodrum, en Turquie. Un secouriste turc, reconnaissable par un gilet, arrive à son secours, au premier plan, mais .

  1.    La signification de l’oeuvre
  2. Pourquoi l’avoir publiée?

C’est un petit garçon qui, comme des milliers d’autres est privé de rentrée, victime de la  guerre ou d’occupations militaires. Mr Chaunu a dessiné cet enfant afin de dénoncer l’indifférence et la richesse de certains, opposée à la pauvreté d’autres. Il  montre ainsi que beaucoup d’enfants n’ont pas la chance d’aller à l’école comme nous autres.  On peut penser que la légende: “c’est la rentrée” veut s’opposer à l’exode important ayant lieu à la même periode.

Cette photo nous bouleverse. Fallait-il la publier ? Les dessinateurs d’aujourd’hui ont le souci de témoigner sans agresser, de montrer sans choquer.
Ce petit corps est celui d’un enfant victime de la guerre, de l’égoïsme, et de la folie des hommes. Dans son sommeil éternel, Aylan témoigne du drame absolu vécu par ces milliers de réfugiés que le monde laisse mourir. La publication de cette photo a été finalement faite car elle ouvre les yeux et les consciences humaines en face de ce petit garçon qui rêvait seulement d’une vie meilleure.

B) Un choc mondial évoqué sur la toile

Dans de nombreuses interviews, Emmanuel Chaunu explique qu’il ne s’agit aucunement d’une satire, mais d’une reflexion poétique sur des problèmes majeurs.
Il voulait simplement rendre hommage à Aylan. La photo de son cadavre sur la plage a ému le monde entier. Or, cet hommage a été victime d’une incompréhension sur les réseaux sociaux : Chaunu s’est fait traiter de la pire façon et a subi de nombreuses menaces. Chaunu dira que le dessin de presse comme toutes les œuvres réclame un peu d’éducation : « Il n’y a pas de caricature sans culture »

En effet, sur les réseaux sociaux, l’indignation, la colère et la tristesse des internautes n’ont pas tardé à se manifester. Ce dessin a provoqué une vague de commentaires négatifs. Certains semblent très décus,, allant jusqu’à menacer de mort le dessinateur.

Un dessin qui a provoqué de très nombreuses réactions, souvent haineuses liée à une caricature de Mahomet, dans le contexte des attentats contre Charlie Hebdo du 7 janvier 2015. Dans de nombreux tweets, le dessin est assimilé à Charlie Hebdo, avec des messages violents : « Charlie hebdo va trop loin », « tu n’as pas retenu la leçon » ou même. »c’est un dessin du FN ». Cependant, ces critiques négatives, suscitant le débat, ont permis la propagation de l’information et une réflexion plus étendue de la population.

III. Interprétation

Le commentaire du  philosophe Michel Onfray, un ami de Mr Chaunu
LA LUNE, LE DOIGT et LE SAGE
Chacun connaît l’adage chinois : « Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt ». Il faut comprendre que, pendant que nos enfants effectuent leur rentrée scolaire en paix, d’autres  sur la planète, n’ont pas cette chance et que ce petit garçon mort nous le rappelle tragiquement. Un dessin de presse nécessite des conditions à avoir comme : de l’intelligence, de l’humour, de la subtilité, de la culture et des références; pour permettre de prendre de la distance par rapport à l’image. Le dessin paraît donc pauvre au spectateur. Est-ce la faute du dessin ? Oui dit le fou. Mais le sage sait bien que non. Car le dessin est fait pour être apprécié, regardé, critiqué à sa juste valeur.

Comparer avec une autre oeuvre :

Sur ce dessin, un journal est présentée au premier plan, affichant les nouvelles quotidiennes, avec ici la photo du jeune naufragé. Au second plan, un père, ayant lu les nouvelles, buvant son café, regarde son fils, dormant et insouciant. Ce dessin représente parfaitement le ridicule des problèmes de certains opposée a l’horreur de ceux des autres.

 

Un dessin dit parfois beaucoup plus qu’il n’en a l’air. Le risque est qu’il soit pris au premier degré et mal interprété. Ce dessin semble parfaitement montrer l’importance et l’utilité du dessin de presse. Il permet de se construire un avis et une opinion sur un sujet grave que l’humanité traverse. L’opposition entre la joie et l’espoir de la “rentrée” vécue par les enfants et le drame de ces naufragés. De plus, ce thème évoquant l’enfant est un thème universel: il concerne tout âges ainsi que toutes cultures.

Nous allons maintenant parler du rire, de l’art humoristique et parfois même du rire noir. Le rire est libérateur, il allège souvent  l’angoisse et offre, face aux sujets graves, une porte de sortie.

 

Mais il y a plus encore. L’ humour est bénéfique. Il peut donner du recul sur les événements, il permet d’affronter certains sujets et d’en désamorcer la gravité. Supprimer à l’homme le droit de rire, par la censure par exemple, lui enlève un remède à ses souffrances et une partie de sa liberté.

Sentiment personnel:

Ce dessin, utilisant l’humour noir et la satire, semble au premier abord se moquer à travers le jeune  Aylan, des difficultés des migrants vers le sol turc. On peut a première vue, penser que ce dessin rit sombrement de la situation politique actuelle et des problèmes migratoires orientaux; cependant, il s’agit bien du contraire selon Chaunu. il déclare  avoir voulu compatir, dénoncer l’absurdité de nos problèmes. Il explique, comme il est legendé sur le dessin, que la rentrée approche, et que pendant que certains enfants se préparent à rentrer en classe, d’autres fuient leurs pays et y risquent leur vie, à l’image du petit Aylan. Il n’est donc en aucun cas question d’humour ici si l’on approfondit la reflexion avec l’auteur. L’art peut donc, je pense, s’engager efficacement avec humour sur des sujets graves.  mais ne peut en aucun cas laisser planer un doute sur les intentions de l’auteur…. et risquer de choquer un choc un nombre si important de gens…

 

Conclusion:
L’humour tente de rendre plus réceptif au sujets sérieux. Il aide a faire passer des messages, des sentiments et des émotions. Les dessins humoristiques nous forcent donc à réfléchir sur de nombreux sujets, souvent difficiles. Il dénonce ici de manière désespérée la tragédie des migrants, qui a quelques milliers de kilomètres de chez nous, fuient l’enfer de leur pays. Si lL’humour est donc un art délicat: un art qui extrait l’homme de son quotidien parfois pour mieux l’y replonger. Il est donc question ici d’un décalage entre le ton et le fond pour à la fois désamorcer l’angoisse et dénoncer violemment. Cela rejoint un peu les modes d’écriture de la Fontaine dans ses fables ou encore de Molière dans ses comédies.

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